La Chine : un eldorado pour l’e-commerce français ?

Le site chinois Jingdong Mall, une des plateformes de e-commerce les plus influentes en Chine, a mis en ligne le 19 février dernier un « espace France ». Ce portail a pour but de proposer aux clients Chinois des produits fabriqués en France. Cette nouvelle offre de produits pour l’e-client chinois témoigne d’un intérêt grandissant des e-commerçants français pour l’ « empire du milieu ». Il faut dire que la Chine fascine par les statistiques de son marché de l’e-commerce : 500 millions de chinois achèteront en ligne en 2015, dont 330 utiliseront Alibaba, le plus gros acteur du marché (article du monde).

Alibaba

Les produits français jouissent d’une très bonne réputation en Chine. Synonymes de qualité, de savoir-faire et de raffinement, ils pénètrent peu à peu un marché sur lequel, pourtant, la France aura mis du temps à se positionner. Le e-commerce français est longtemps resté tourné vers l’hexagone, les e-commerçants restants frileux à l’idée d’exporter. La Chine surtout, civilisation millénaire, impressionne par ses us et coutumes encore très éloignés des nôtres, et la barrière de la langue, voire des langues, qui paraît insurmontable.

La société Le Peignoir a fait le pari d’exporter en Chine ses peignoirs « Made in France ». Son fondateur, Thomas Leprince, nous raconte comment l’idée lui est venue, et quels obstacles il a dû franchir. « Lors de mon échange universitaire à Shanghai, je me suis rendu compte que la France avait très bonne réputation, et pas seulement dans l’alimentaire ou l’ultra-luxe. En tant qu’entrepreneur, je ne voulais pas passer à côté d’un marché potentiel de 1,3 milliards d’habitants. Exporter en Chine n’est pas facile, car en plus des problèmes de communication, on est confronté aux mêmes obstacles qu’en France pour vendre sur les places de marché : diversité des pré-requis, lenteur des formalités, chartes graphiques différentes… » Cependant, selon l’entrepreneur, ce marché ne représente un intérêt pour la vente à distance que si l’on y vend des produits avec un positionnement qualitatif, et non périssables bien entendu. « Encore faut-il aussi trouver des produits véritablement fabriqués en France, et pas seulement assemblés, car les éléments premiers risquent bien de venir… de Chine. Ou alors des produits à très forts contenu marketing, indissociable de la France ou d’un certain art de vivre à l’européenne, comme le Moleskine, qui lui est fabriqué en Chine ».

Certains exemples de succès français sur le e-commerce chinois ont été très médiatiques. On citera notamment le site de ventes privées de marque de Luxe en Chine (mais aussi au Japon) Glamour Sales. Avec un chiffres d’affaires près des 100 millions de dollars, c’est un des plus gros succès commercial français sur le luxe en Chine et le projet repose entièrement sur le développement du e-commerce en Chine. La marque de cosmétique Clarins a également, en 2014, fait parler d’elle pour son désir de conquérir le marché chinois par la clé d’entrée que constitue le e-commerce. Le site Clarins.com a bien été développé en chinois, mais la marque a surtout créé un « flagship store » sur Tmall, la plateforme de BtC la plus importante en Chine. Cela a littéralement fait exploser la notoriété de Clarins sur le marché chinois et l’augmentation de ses ventes a permis à la marque de se placer au cinquième rang du marché cosmétique chinois. L’objectif déclaré étant de se positionner sur le podium dans un avenir proche, en insistant sur la stratégie digitale du groupe en Chine.

Dernier exemple avec le développement récent, à un niveau mondial mais auquel la Chine n’échappe pas, avec les plateforme d’e-learning. « La Chine est directement ou indirectement lié à notre site de beaucoup de manière », témoigne M. Charteau, de GlobalExam, première plateforme de préparation aux tests de langues en France. « Tout d’abord, notre fondateur, Charles-Eliott Debourdeau, a longtemps vécu en Chine et cette expérience lui a montré l’importance de ces examens (HSK, TOEFL, TOEIC) dans un parcours personnel. De plus, nous avons énormément de candidats à une expatriation en Chine qui souhaitent donc passer le HSK. Surtout, nous avons de plus en plus de chinois qui postulent pour le TOEIC et le TOEFL. Comme ils sont particulièrement friands de services en ligne, notre site est pour eux le meilleur outil pour toucher leur rêve d’étudier ou de travailler en Europe. »

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Quoiqu’il en soit, les e-commerçants français, en constante quête de croissance, ont maintenant avec la Chine un défi à leur mesure.

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